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04/09/2012 Berlin : la fin du « franc-parler »

Le Tacheles, emblématique squat de la capitale allemande, a été contraint à la fermeture. Une page se tourne à Berlin…

 

 

L’endroit avait été investi par des artistes depuis la chute du Mur. En vingt ans, il avait même réussi l’exploit de devenir une attraction touristique. Ces derniers temps, quelque 400.000 curieux venaient chaque année s’imprégner de l’exotisme de l’immeuble. Pour y voir quoi ? Une friche de centre commercial à la monumentale structure en béton. Des œuvres improbables dans le jardin à l’arrière du bâtiment. Des murs couverts de tags et des artistes en résidence.

                                                                         

                                    

 

Tour à tour grand magasin (entre sa construction en 1909 et 1914), maison de la technique et prison nazie, le Tacheles -mot yiddish tiré du verbe « s’expliquer » que l’on peut traduire par « franc-parler » : l’immeuble faisait autrefois partie du quartier juif de la ville- a vu son destin basculer en galerie d’art à l’initiative d’un collectif soucieux d’éviter la destruction du bâtiment. Sur Oranienburger Strasse, en plein Berlin-centre, l’avenir de l’immeuble va pourtant devenir chaotique.

Depuis le début du squat, les artistes occupants avaient obtenu d'un précédent propriétaire de n’avoir à payer qu’un loyer mensuel symbolique (1 Deutsch Mark !). Le propriétaire suivant, la HSH Nordbank, a depuis un moment annoncé sa volonté de vendre le Tacheles. Une opération qui passe par la fermeture de ce village d’artistes unique. Une perspective qui a provoqué d’innombrables réactions et la rédaction d’une kyrielle de pétitions. La vente aux enchères avait été annoncée pour le printemps 2011 et pour la modique somme de…35 millions d’euros. Devant l’émotion suscitée, le propriétaire avait renoncé.

Mais, pour l’icône du Berlin décalé, ce n’était que reculer pour mieux sauter. Hier, mardi 4 septembre au matin, des huissiers ont bouclé l’immeuble, en présence de policiers, d’une centaine de sympathisants et d’une poignée d’artistes. Alors, douloureux épilogue pour un lieu devenu œuvre d’art ou fin logique d’une verrue à la réputation surfaite ? Franchement dit, un peu des deux… Mais triste, quand même.

 

 

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