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04/08/2012 Les Jeux, ce crève-cœur…

Etre journaliste et couvrir les Jeux Olympiques, c’est franchement plus délicat que ça n’en a l’air. Il faut faire des choix. Redoutables, parfois. Et des impasses, encore plus difficiles. La preuve.

 

Impossible de tout suivre et encore moins d’aller tout voir, même si on est sur place. Des fois, impossible même de se rendre nulle part si l’on veut travailler un peu (d’accord, pas souvent). Prenez cet après-midi par exemple. En même temps ou presque, aux quatre coins du parc olympique et au-delà, il y a les finales dames de tennis et de badminton, un quatre-de-finale de football, Russie-Etats-Unis en volley, la finale de l’épée féminine par équipe, les excellents Italiens en water-polo. Et Etats-Unis-Lituanie dans la Basketball Arena. Cette rencontre était cochée sur mon calendrier.

Problème, j’ai un article à rédiger sans faute (!) sur Oscar Pistorius, qui est entré dans l’histoire des Jeux ce matin. Mieux vaut rester au centre de presse, ce hall monumental où les quelque 5.000 journalistes accrédités font un moment ou un autre acte de présence. Hier j’ai bien essayé d’écrire quelque chose devant les finales de natation à la piscine, mais Phelps m’a piqué mon stylo.

Résigné mais résolu, j’entame donc mon chef d’œuvre. Au loin, des collègues français exultent puisque la doublette Benneteau/Gasquet vient de s’adjuger le bronze à Wimbledon.

Mon cerveau chauffe, l’inspiration semble fuir comme le soleil derrière l’énorme nuage qui, paraît-il, recouvre le stade olympique. Voilà que sur l’écran de télé en face de moi (il y en a une bonne cinquantaine répartis dans le centre de presse) j’aperçois Kobe Bryant et compagnie. Contre mon gré je tombe sur le score : les Lituaniens dans le coup à la fin du 3e quart-temps, c’est déjà un événement. Dire que je devrais être dans la salle, là, tout près, mais que je me suis bloqué un moment pour réécrire (et je me dis de plus en plus que les trois-quarts du centre de presse, au moins, ont eu la même idée) l’histoire d’Oscar, le « coureur aux lames ».

Derrière moi, des journalistes saint-marinais (oui oui, ça existe) sont dépités car leur tireuse vient de manquer la médaille d’un rien à l’épreuve de la fosse (re-oui, ça existe aussi). Contre mon gré encore, je vois que l’écart n’évolue pas entre Américains et Baltes au basket. Et si ces derniers réalisaient l’impensable exploit ? Je raterais ça, à 300 mètres de la salle ?

A côté de moi, un journaliste, forcément d’outre-Atlantique vu son agitation devant la télé et le pilon de poulet qu’il ingurgite, dont la couleur donne envie de s’enfuir, et loin. Un autre, mexicain, rameute ses collègues qui font les gros yeux devant le score étriqué. Dans mon périmètre, de moins en moins qui bossent, de plus en plus d’yeux rivés sur le match, toujours serré à 5 minutes de la fin. Moi le premier. Seul un autre derrière moi ne partage pas l’instant, désespéré par son ordi qui refuse de s’allumer.

C’est officiel, mon papier n’avancera plus avant le terme du basket. C’est officiel aussi, la défaite des Américains « olympiques » n’est pas pour tout de suite. Victorieux à l’arraché de 5 points, ils laissent mon voisin soulagé. Et moi avec, pour d'autres raisons. Tout le monde reprend le cours de ses occupations. Moi de mon article. Ouh la, sans traîner, car France-Islande de handball et la finale du 100m de ces dames, c’est pour bientôt. Là, faut pas pousser, j’enchaîne les deux…

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