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Dublin, suivez la cicérone

Dublin, portrait d'une guide touristique française - Partie de son village alsacien de 420 âmes pour changer de vie, Muriel Hostetter tente de percer comme guide touristique dans les rues de Dublin. Une démarche passionnante mais délicate, un choix de vie osé mais dur à assumer : rencontre avec cette jeune éclaireuse francophone en terre irlandaise…

A l’entendre entonner le refrain de l’hymne des Dublinois d’une voix que Renaud ne renierait pas, on la sait adoptée. A l’observer naviguer de rue en rue, d’anecdote en anecdote, de place en place, on la devine maîtresse de son sujet, de sa ville. L’auditoire de ce matin -une vingtaine de lycéens du Puy-en-Velay et leurs professeurs-, ne déborde certes pas d’enthousiasme, mais au moins suit-il tranquillement le mouvement. « C’est dur de se mettre dedans quand on sent le groupe peu motivé ou attendant le ‘quartier libre’ dans les boutiques », glisse Muriel entre Trinity College et Merrion Square, entre l’évocation du fameux livre de Kells et le coup d’œil à la célèbre statue d’Oscar Wilde. Du haut de ses 31 printemps, Muriel Hostetter initie les touristes français aux charmes de la capitale irlandaise depuis deux ans.

 

L’Irlande, une chance

 

Depuis son premier tour de ville à la tête d’un groupe de géomètres à la retraite -« une première expérience terrible… »-, bien de l’eau a coulé sous les ponts. La crise est venue frapper de plein fouet Dublin et l’Irlande. 2009 y a été une année noire pour le tourisme. 12% de visiteurs en moins par rapport à l’année précédente, dans une industrie qui pèse pour près de 5% dans l’économie nationale. 2010 n’est pas parti sous de meilleurs hospices, avec 26% de voyages vers l’île en moins qu’en janvier 2009. Heureusement qu’une belle édition de la Saint-Patrick est venue panser les plaies. Du coup, le marché irlandais est saturé en guides touristiques. Au milieu de ce marasme, une Alsacienne essayant de surnager… Tour à tour secrétaire médicale, surveillante en lycée, gestionnaire de concours dans un rectorat, le tout après des études de sociologie, Muriel ne regrette pourtant pas d’avoir rejoint l’île verte en compagnie de son ami, aujourd’hui à la tête de la filiale irlandaise d’une société mulhousienne. « Trois mois après mon arrivée, j’étais sur les routes pour faire découvrir le pays à des touristes francophones. Je suis débarquée sans parler ni comprendre l’anglais, on m’a vraiment donné ma chance ».

 

Cercle vicieux

 

Avec la conjoncture et le foisonnement de guides, la filière ne fait vivre que très peu de monde à plein temps. Payée à la visite, Muriel Hostetter n’est sollicitée qu’occasionnellement pour guider. Le « walking tour » réalisé pour les élèves auvergnats était son premier du genre depuis octobre dernier. « Quelques guides, souvent les plus anciens, ont le monopole auprès de la plupart des tours opérateurs. Seule la pratique régulière et des retours positifs peuvent ouvrir des portes. D’où le souci de n’être que peu appelée, alors que l’envie de guider est débordante… » D’où, forcément, une situation précaire : obligée de travailler dans un restaurant pour s’assumer et de croiser les doigts pour ne pas tomber malade, Muriel s’interroge. Et la mère s’inquiète. Pourtant, la jeune guide entend percer dans le milieu, à travers la validation d’une formation d’Etat. Surtout, elle s’est attachée à l’Irlande, à la bonne humeur des Irlandais, aux coins et recoins de Dublin. Suffisant pour s’accrocher à sa vie de cicérone expatriée…

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