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Français, pas "Ausländer" ?

Ausländerbeirat, portrait / Munich, 1,3 million d'habitants, un sur quatre d'origine étrangère. Cosmopolite, la ville a choisi de se doter d'un organe consultatif plutôt original : un conseil des étrangers, élu au suffrage direct par les ressortissants eux-mêmes.

Ils étaient 7.330 au dernier recensement, plus quelques milliers détenteurs de la double nationalité. Les 13.000 Français inscrits au registre du consulat général ne pèsent pas bien lourd dans la masse de ressortissants d’une métropole comme Munich. De la Marienplatz au quartier olympique, il y a tellement plus de Turcs, évidemment, et d’immigrés des Balkans, mais même davantage d’Irakiens et de Polonais que de ressortissants de l’Hexagone.

 

Au-delà des chiffres, les préoccupations des uns n’ont globalement rien à voir avec la réalité des autres. « Car, ici, les Français sont plutôt privilégiés », reconnaît Cécile Giel, expatriée à Munich depuis 1992. Bien acceptés, bien intégrés et avec de bonnes situations, pour faire court. Au point que peu de Bavarois les considèrent comme des Ausländer. Malgré tout, quinze d’entre eux tentent de relever un défi de taille : faire entrer la communauté française au sein du conseil des étrangers de la ville.

 

263.000 convocations ont été envoyées en vue de l’élection de ce Ausländerbeirat. Trente listes (pour un total de 517 candidats issus de 58 pays différents) s’offrent au vote des ressortissants électeurs. Il y a les Albanais, la diaspora serbe, les Anatoliens, les Russes, une liste panafricaine, les Kurdes et autant de programmes dont les objectifs d’intégration optimisée se rencontrent. Pour la première fois depuis l’instauration de ce conseil en 1974, des Franzosen für München montrent le bout de leur nez.

 

A l’origine de la liste, Pierre-Aimé Despalle, 31 ans et conquis par Munich depuis un stage en école d’ingénieurs chez Texas Instruments. L’intéressé a bifurqué des circuits intégrés à l’examen des brevets, l’une des grandes spécialités de la ville (l’office européen des brevets siège dans la capitale bavaroise).

 

« J’ai appris l’existence du conseil des étrangers un peu par hasard. A mon sens, les questions d’intégration et de discrimination concernent tout le monde, y compris notre communauté bien intégrée ». Entre ses nouvelles activités au sein du cabinet Bardehle Pagenberg, il a monté une liste en quatrième vitesse, « pour montrer que ce conseil est une richesse culturelle que nous voulons aider à développer ».

 

Mobiliser, tel est le credo numéro un de la candidature française, bien avant l'élaboration d'un quelconque programme. Une démarche bien délicate auprès de ressortissants qui ont, eux, ici le droit de vote communal. Et ne perçoivent sans aucun doute pas bien l’intérêt de se déplacer dans les 25 urnes réparties dans chacun des 25 districts de la ville.

 

Historiquement, le succès populaire n’a pas franchement été au rendez-vous des précédentes élections auprès des autres communautés. C’est même le moins que l’on puisse dire : le taux de participation de la dernière élection du conseil, en 2004, a frôlé les…6%. Au point que la municipalité munichoise s’est fixée comme échéance le rendez-vous de 2010 ; si la participation ne décolle pas, ce sera la fin du suffrage direct. Le conseil municipal en arriverait à simplement choisir quelques représentants des communautés les plus dynamiques. On n’en est pour autant pas encore là.

 

L’immense polémique suscitée par le récent ouvrage de Thilo Sarrazin a relancé outre-Rhin, et durci, le débat sur cette « Allemagne ouverte au monde », sur la place des étrangers dans le pays. Immigration et intégration divisent encore l’opinion. Plus que jamais, à Munich, le pluriculturalisme sortirait grandi d’une forte participation à cette élection certes symbolique, mais témoin de l’intérêt porté à la vie de la cité.

 

« La ville a plus ou moins tendance à se fermer sur elle-même, de manière conservatrice », ajoute Cécile Giel. « Apporter une touche de patrimoine français ne peut que bénéficier au dialogue inter-culturel ». A grands renforts de mailings et d’incitation au vote -« il faut réanimer nos compatriotes », sourit la tête de liste Pierre-Aimé Despalle-, notre « quinze de France » espère placer quelques unités parmi les quarante élus du Ausländerbeirat. Promis, si tel est le cas, le beaujolais nouveau fera une entrée remarquée à la première réunion de ce conseil si agréablement cosmopolite.

 

 

 

En photo, Cécile Giel et Pierre-Aimé Despalle encadrent le bulletin de vote XXL de l'élection de ce 28 novembre.

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