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En avant la Turquie !

29 octobre : en ce jour de fête nationale turque, portrait et confidences de Nathalie Ritzmann, expatriée depuis sept ans à Istanbul. A 46 ans, cette Alsacienne se construit une deuxième vie débordante de découvertes.

« Ici, cinq vies ne suffiraient pas à faire tout ce dont j’ai envie ». Sourire aux lèvres, Nathalie parle comme elle vit. D’évidence parfaitement en phase avec le bouillonnement stambouliote qui l’entoure. Le sien, de bouillonnement, est intellectuel, sociétal. « J’aimerais bien être ministre de la Culture ». Avec sa double nationalité acquise cet été, qui sait si la plaisanterie n’a pas d’avenir ? Le défi n’aurait au final rien de plus insurmontable que les précédents qu’elle a déjà avalés.

 

Cap à l’Est

 

Débarquée à Istanbul en août 2003, elle se souvient que tout son entourage l’avait alors qualifiée de « givrée ». Seuls deux proches l’avaient soutenu, sur l’autel d’une personnalité toujours ressentie comme décalée et pour ainsi dire hors normes. Sans baccalauréat mais avec un diplôme de sténo-dactylographie, l’Alsacienne entre dans la vie active via un concours de la fonction publique territoriale réussi à 17 ans. Sa première vie, ce sera donc dans les services techniques de mairies de la région de Mulhouse qu’elle la passera. « A rêver d’écrire, de prendre des photos, de vivre à l’étranger… » Le rêve deviendra réalité suite à une rupture personnelle : en instance de divorce, elle se rend à Istanbul en 2002 et tombe littéralement amoureuse de la ville-monde.

 

Du bretzel au simit

 

Le Sud Alsace s’efface alors de son esprit au profit de la Corne d’Or, non sans avoir été tenté par une autre destination, l’Egypte. Un an plus tard, la voilà posée entre Europe et Asie, avec la mer de Marmara comme horizon. L’hôtel, puis la vieille maison sans chauffage se sont mués en un meublé où Nathalie réside toujours. Trois ans de cours de turc intensif l’ont rendue bilingue. « Au point de chercher par moment mon français oral », avoue-t-elle, malgré un poste d’un an et demi en maternelle privée à enseigner la langue de Molière. Pour l’écrit, moins de soucis, puisqu’elle n’a cessé de l’entretenir, de le travailler. D’abord en contribuant à la mise à jour d’un guide pour Français en mal d’expatriation. Puis en collaborant avec la publication francophone Aujourd’hui la Turquie. Enfin et surtout en lançant fin 2007 son blog à la dénomination évocatrice, « Du bretzel au simit ». En résumé, du pain alsacien au pain turc.

 

Ecrire pour faire découvrir

 

« Par mon blog, j’ai entrepris de montrer Istanbul mais aussi la Turquie dans toute leur diversité. Mes textes et illustrations veulent amener à découvrir ces lieux, activités et réalités méconnus. Car la mauvaise image dont souffre encore le pays est pour beaucoup basée sur des a priori, des méconnaissances ». Il y a quelques mois, une tendinite au bras a ralenti ses productions. Ce sera désormais « moins », mais « mieux ». Nathalie est même parvenue à adapter sa vie professionnelle à sa passion : après une expérience comme responsable de gestion dans une société internationale, elle œuvre depuis trois ans comme responsable financière d’une entreprise de transports créée par deux Français. Elle y joue les intermédiaires entre clients routiers hexagonaux et transporteurs. Le tout à mi-temps. Si les fins de mois ne sont pas forcément des plus aisées, cette configuration lui dégage du temps pour découvrir et faire découvrir les atouts et secrets turcs.

 

« Son » Istanbul

 

Débrouillarde et accrocheuse, spontanée et décidée, elle est fière d’avoir rencontré le grand photographe Ara Güler, comme de prendre fait et cause pour le site historique de Hasankeyf (au Sud-Est du pays et au bord du Tigre), menacé de submersion par le projet du barrage Ilisu. « Aujourd’hui, on me sollicite même pour faire découvrir des villages hors des sentiers battus. Il y a tant de richesses, syriaques, kurdes, arabes ! » Quand Barbara, une amie originaire du Bassin potassique, met pour la première fois le pied sur le sol turc, c’est « l’Istanbul de Nathalie » qu’elle tutoie en visite guidée. « Avec par exemple la petite Sainte-Sophie plutôt que la « grande », des pans de ville peu courus plutôt que Sultanahmet ».

 

En quête perpétuelle

 

A 46 ans, Nathalie Ritzmann fait partie des quelque 4.000 Français à faire ou refaire leur vie dans l’ébullition d’Istanbul. Entre la jeunesse stambouliote revendiquant la modernité et ces milliers d’Anatoliens aux habitudes rurales, elle vadrouille au gré des vents et des bons sujets. Si ce sont des jurons alsaciens qui sortent de temps à autre, elle se dit convaincue de ne plus pouvoir vivre en France. « Entre le chacun pour soi et l’hospitalité turque, j’ai fait mon choix et trouvé chaussure à mon pied au sein de cette population curieuse de tout, qui a envie d’avancer ». Istanbul, la Turquie, deuxième vie parfaite de notre aventurière ? Pas tout à fait… A l’heure du bémol, le sérieux est de rigueur au point qu’elle ressent le besoin de prendre elle-même la plume : « Mon choix de vie s’est forcément fait au détriment de quelque chose. Ce qui me manque ainsi le plus, c’est l’âme-sœur avec qui partager mon amour pour la Turquie en lui donnant l’occasion de réaliser le grand saut ».

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