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Une rose sur l’île verte

Dublin, interview-portrait d'HELENE CONWAY - Vingt années en France, trente en Irlande, et une carrière multidimensionnelle déjà bien riche : Hélène Conway est passée des salles de classe à la direction d’un département universitaire, de l’expatriation à la politique. Avec, qui sait, un poste de sénateur à l’horizon...

Fascinée par la notion d’infini mathématique, elle se voyait médecin ou scientifique. Imprégnée d’Irlande, elle s’est plongée dans la philosophie, puis le management. Et finalement à nouveau la science, mais celle des affaires de la cité. Hélène Conway est de ces gens qui ont, au sens noble du terme, plusieurs vies. Au moins deux, peut-être une troisième si d’aventure elle menait à bien sa candidature sénatoriale et devenait en septembre 2011 l’une des prêtresses socialistes des Français de l’étranger au Sénat. Echanges avec une expatriée d’actions et de réflexions :

 

Pourquoi avoir quitté la France pour l’Irlande ?

- Mon premier départ a été motivé par l’envie et le besoin de progresser en anglais. Après un bac S et une année de DEUG de lettres, je suis partie au pair en Irlande. Une fois ma licence en poche, je me suis, la même année, marié avec « mon » Irlandais. J’ai donc à nouveau quitté la France pour débarquer, durablement, à Dublin en 1981.

L’Irlande des années 80 était à des années-lumière économiques de l’Irlande d’aujourd’hui. Quels souvenirs en gardez-vous ?

- J’ai été immédiatement dans le bain, en travaillant comme professeur de français dans une école de filles du quartier alors très populaire de Smithfield. Mes élèves avaient quasiment le même âge que moi. Pauvreté, manque d’espoir, misère de la vie dans les flats, saleté de la ville, c’était l’Irlande au 18% de taux de chômage. A mon échelle, j’ai essayé d’apporter un peu de rêve à ces filles, en allant au cinéma, en échangeant des lettres avec une école en France. Il y a ensuite eu la préparation de l’équivalent du Capes, avec un poste dans une école mixte où sévissait plus la drogue que la pauvreté. Là, dans certaines classes, j’ai eu peur, vraiment. Au point d’aller vomir avant d’aller en cours… Mais au moins ma vocation de professeur a-t-elle été testée !

- En parallèle, vous avez continué…les études…

- J’ai effectivement obtenu un master de philosophie à Trinity College (NDLR, la plus ancienne et la plus prestigieuse université d’Irlande). Ma première vie, en France, a été marquée du sceau des maths et des sciences. Ma deuxième, en Irlande, l’est par la pensée, la réflexion. Très vite, j’ai effectué des vacations à l’Alliance Française, et au Dublin Institute of Technology. C’est là, dans l’enseignement supérieur, que je suis passée de vacataire à contractuelle, puis de contractuelle à permanente. Et finalement d’être nommée, en 1997, directrice du département de langues du DIT.

- Finis (ou presque) les cours, place au management : comment avez-vous vécu la transition ?

- Un peu comme une aberration : je préparais bien mes cours, la classe se passait bien, et je n’ai d’un coup plus à enseigner. Au-delà de ce sentiment, la gestion du département m’a tant occupée, 14 heures par jour au début, que je n’ai pas eu le temps de trop y penser. 2.000 étudiants, 35 professeurs, une autonomie de budget, des fonds européens, l’apprentissage a été long. Et l’expérience est venue. Le système irlandais m’a donné une chance, une promotion et des responsabilités que jamais je n’aurais eu en France au même âge.

- Pourquoi avoir, concomitamment, choisi de s’investir pour la communauté française d’Irlande ?

- J’étais déjà engagée dans l’association Français du Monde en Irlande par solidarité. Devenue présidente en 1997, je suis depuis lors conseillère à l’assemblée des Français de l’étranger. Lycée français, retraites, liens avec l’ambassade, doléances quotidiennes ou soutien psychologique, les missions ne manquent pas. Il y avait un millier de Français en Irlande dans les années 80. Ils sont aujourd’hui entre 20 et 25.000, dont 8.700 enregistrés. A Dublin, je suis un peu à la fois la maire et la mère des Français…

- Après trente ans en Irlande, se sent-on encore Française ?

- Je ne me suis jamais sentie Irlandaise. Certains font de gros efforts pour devenir plus Irlandais que les Irlandais ; c’est un choix, mais pas le mien. J’ai en moi deux cultures, deux langues. L’expatriation, je la vois comme un ajout, pas comme un remplacement.

- Votre expatriation longue durée a également débouché sur un engagement politique…

- J’ai en effet créé en 1997 une section du Parti Socialiste ici à Dublin. Le bureau fédéral m’a chargée des affaires culturelles et de l’éducation, multipliant mes présences à Paris (NDLR, en plus des interventions qu’elle dispense régulièrement à la Sorbonne). Je n’ai cessé de militer pour la bonne marche de la section dublinoise. Après mûres réflexions, j’ai décidé de mener campagne pour obtenir l’investiture du Parti aux prochaines sénatoriales. Le choix de la candidature se fera le 10 juin.

- Quel est votre mot d’ordre ?

- Je prône plus que jamais la diplomatie d’influence. Le professorat est un transfert de connaissances ; la politique, un transfert d’expérience. Avec l’expertise que j’ai accumulée, les liens que j’ai su tisser avec les autorités, le terrain que j’ai parcouru, je me sens prête à assumer les fonctions de sénatrice représentant les Français de l’étranger.

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