NEWS
PDF
Imprimer
A- A+
Partager cet article sur Twitter Partager cet article sur Facebook Partager cet article sur LinkedIn

Mehmet, voyage dans le temps

Comment ne pas avoir le regard attiré par un homme circulant dans les rues du centre-ville d’Istanbul avec une meule à pédale sur le dos ? Avec Mehmet Bey, l’occasion est belle de partir à la découverte d’un métier en voie de disparition...

Texte et photo sur place : Nathalie Ritzmann

Mehmet est bileyici depuis plus de trente ans. Originaire d'un village de la région de Konya en Anatolie centrale, le rémouleur chevronné se rappelle avoir aiguisé son premier couteau à l'âge de 16 ans. Il se s’adonnera pleinement à la profession qu’à 21 ans, après avoir officié comme agriculteur sur ses terres natales. Son grand-père, rémouleur  de profession,  finit par lui transmettre à la fois son savoir-faire et sa magnifique meule en bois, qui affiche plus d’un demi-siècle de bons et loyaux services au compteur. Le voilà à parcourir depuis 1973 les rues d'Istanbul, mais aussi celles d' Isparta en 1978, de Manisa et d'Izmir. Mehmet se souvient qu'il y a deux décennies, à chaque coin de rue du quartier central de Beyoğlu, on voyait un rémouleur allant de maison en maison.

 

Aujourd’hui, bien difficile de dire combien de rémouleurs exercent encore en Turquie ? Très peu, assurément. Même s'il n'existe aucun chiffre officiel, les couteaux fabriqués en Chine, remplaçant peu à peu le traditionnel couteau fabriqué dans le pays,  réduisent considérablement le travail des rares rémouleurs encore en place. Mehmet arrive tout de même  à joindre les deux bouts, mais bien difficilement. Arpentant cinq jours par semaine, entre 8 et 10 heures par jour, de multiples quartiers stambouliotes, il propose ses services à une clientèle de fidèles, en particulier des bouchers et des restaurateurs. A l'époque où ses affaires étaient florissantes, sa pierre à meuler lui tenait deux mois ; à présent,  il la remplace…deux fois par an ! Pour aiguiser un couteau, il faut compter 10 minutes de travail et une facture d’ 1,5 lire turque (0,75 €). Pas réellement de quoi faire fortune… D’ici trois ans, c’est promis, Mehmet lâchera sa meule et prendra une retraite bien méritée, après avoir cotisé à titre individuel.

Commentaires

Ajouter un commentaire

Vous devez vous connecter pour ajouter un commentaire.

 

 

 

 

Afficher les articles par tag

Lunettes solaires, Visiofactory.com, l'Optique à prix d'usine !
Soutenez Planet Portraits sur J'aime l'info

Page

Votre compte

Liens