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Une soirée à la piscine

Lundi, 19h. Le troisième jour des Jeux Olympiques touche à sa fin. Restent en dessert les épreuves de natation au Centre Aquatique. Huit courses, l’or pour Yannick Agnel et plein d’autres choses…

Tombée deux heures plus tôt, la médaille de bronze en gymnastique -la première d’une équipe anglaise depuis…100 ans- n’y est pas pour rien. Clignotant aux couleurs de l’Union Jack, les supporters britanniques sont chauffés à blanc. Pleine à craquer (17.500 places), la piscine olympique a des airs de Wembley un soir de match de foot.

 

Depuis les Jeux d’Athènes en 1896, la natation d’outre-Manche a ramené près du double de médailles que la nôtre. Seulement, la tendance récente dit l’inverse, en témoignent les deux médailles d’or françaises d’hier.

 

Drôle de toit

 

Le programme de la soirée s’ouvre par les demi-finales du 200m nage libre femmes. En lice, dans la course d’ouverture, l’héroïne de la veille Camille Muffat. « Cammiiill Mouffa », dixit le speaker, se qualifie sans forcer pour la finale de demain en réalisant le troisième chrono global. Dans la seconde demi-finale, la « locale » McClatchey justifie le vacarme assourdissant qui accompagne son 200m en se qualifiant également.

 

Un instant de répit pour observer l’architecture bizarroïde de la piscine : le toit en forme de vague retombe en effet vers le milieu du bassin. Saisissant. Posté dans les gradins qui montent à la verticale, on se croirait au contact de la coque d’un monumental navire.

 

 

Et de deux pour Yannick "Angel"

 

Monumentale, quel qualificatif décrit plus justement la performance de Yannick Agnel dans la course suivante. Finale du 200m nage libre hommes, pour200 mètresà sens unique. Le Nîmois passe en tête aux 50, 100 et 150m. Mieux, dans la dernière longueur de bassin, il met une mine à tout le monde pour l’emporter avec 1.79 seconde d’avance. Un gouffre, un océan.

 

Derrière lui, deux nageurs asiatiques montent ensemble sur la deuxième marche du podium, mais personne ou presque n’y fait attention. « Angel » (en anglais, un ange), comme le renomme finalement à propos le speaker, s’annonce comme un des prétendants à l’or sur la course reine, le 100m nage libre.

 

 

 

A peine le temps de savourer le troisième sacre de la natation française et v’là une nouvelle finale. Celle du 100m dos femmes, attendue de pied ferme par le public londonien : recordwoman du monde de la distance, la Britannique Gemma Spofforth joue la gagne. Seulement, à l’arrivée, c’est une ado californienne, Missy Franklin, qui brille et se voit remettre la médaille d’or des mains d’une légende des bassins, Alexander Popov. 

 

Lacourt se noie

 

Même distance, même nage, place cinq minutes plus tard à ces messieurs. Favori, un Français, encore. Camille Lacourt est champion du monde en titre. Outsider, un Britannique, encore. Liam Tancock fait monter dans les aigus mon petit voisin rouquin et toute la piscine avec lui.

 

Lacourt part comme un obus mais explose dans les derniers mètres (4e). Son dernier 50m est le parfait opposé de celui d’Agnel. Devant, l’Américain Grevers est loin, trop loin. La vraie première déception pour la natation tricolore. Dans la foule, ça grogne car l’Anglais a aussi raté le podium.  

L’excitation retombe d’un coup. La dernière finale du jour, du 100m brasse femmes, sacre la bébé-nageuse Lituanienne Meilutyte (15 ans), qui finira en pleurs sur le podium à ronger ses ongles vernis aux couleurs du drapeau national.

 

Ye plus rapide que Lochte

 

On commence à avoir donné, avec six courses et quatre finales. Quitte à risquer la noyade, on reste pour les demi-finales du 200m papillon. Seul réel intérêt, la présence du légendaire Michael Phelps. Qualifié pour la finale, il tentera demain d’égaler le record absolu de la gymnaste soviétique Latynina (18 médailles olympiques).

Puisqu’on y est, gobons encore les demi-finales féminines du 200m quatre nages. Et on fait bien ! Ce sera la seconde satisfaction britannique de la soirée, avec la qualif’ de Hannah Miley.

Ce sera aussi l’occasion de voir à l’œuvre celle qui fait l’objet des plus vives interrogations depuis deux jours.

 

Samedi, la Chinoise de 16 ans Shiwen Ye a gagné le 400m 4 nages. Certes. En même temps ou presque, l’Américain Lochte gagnait la même course chez les hommes. Certes. Mais voilà, Ye a nagé son dernier 50m plus vite que Lochte. L’ombre du dopage rôde au-dessus de l’Aquatics Center. « Cette fin de course m’a rappelé l’époque des nageuses est-allemandes. Je suis désolé, mais dans notre sport, dès qu’une performance relève de l’irréel, elle débouche sur des cas de dopage », a même lancé l’un des entraîneurs phare de la natation américaine.

Toujours est-il que la Chinoise a continué sur sa lancée : elle gagne sa demi-finale avec une longueur d’avance sur le reste de la troupe. Cinquième et aussi qualifiée, la jolie Stephanie Rice confirme après une expiration qui en dit long : « en fin de course, elle est follement rapide (sic, insanely fast). Elle va très probablement battre le record du monde en finale ». La copieuse soirée s’achève sur cette note dérangeante. Le Centre Aquatique s’est vidé en un clin d’œil de son bruyant et sympathique public de supporters. Merci à eux, aux Jeux, à Agnel et aux autres pour nous avoir mis dans le bain !

 

 

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