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L'Olympe d'un petit Irlandais

JO 2012 / Les Jeux Olympiques ont débuté pour les gymnastes dans le somptueux antre de la North Greenwich Arena. Ils sont déjà finis pour un petit-grand Irlandais de 23 ans. Kieron Behan, ce héros…

Les Français aux barres parallèles. « Team GB » aux anneaux, dans un tonnerre d’applaudissements. Et, incognito, l’Irlande au sol, au propre mais pas au figuré. Kieron Behan enchaîne au tapis mais il se tient plus que jamais debout. 1m63, boule de muscles, tête de bambin insolent, piercing à l’oreille, il n’est pas celui qu’on croit. Il est 11h13, sa vie bascule. Cette fois du bon côté, la précision s’avère nécessaire. A 23 ans seulement, le natif d’Angleterre mais de parents dublinois en a déjà mille fois trop bavé. A un point même difficilement imaginable.

2008-2009, rupture des ligaments aux deux genoux (à un an d’intervalle). 2000, tumeur bénigne à la jambe, complications après opération et un an sans pouvoir faire un pas.

 

"Tu ne remarcheras plus"

 

Entre les deux, le pire. 2003, un entraînement comme tant d’autres. Behan heurte si violemment la barre fixe qu’il en ressort avec un grave traumatisme crânien et des lésions à l’oreille interne. « Je m’évanouissais à chaque mouvement ou presque », raconte-il aujourd’hui avec sa voix nasillarde. Devant son état, les médecins lui annoncent qu’il ne remarchera plus.

D’une vie en chaise en roulante aux Jeux Olympiques de Londres, il y a un monde. Un monde de force mentale et de courage. Gamin, avec son problème à la jambe, il se faisait traiter d’infirme par ses camarades de classe. Sous les anneaux olympiques, c’est plutôt héros qui vient à la bouche. Trois ans après sa terrible chute, Kieron Behan regagne sa coordination main-œil et marche à nouveau. Nouveau surnom, du corps médical cette fois-ci : le miraculé.

 

"J'ai ça dans le sang"

 

« C’est fou, mine de rien, de s’entendre dire qu’on ne marchera plus. Je n’ai jamais accepté mon sort, jamais. Je disais toujours à ma mère que j’allais remarcher, jusqu’à l’en faire pleurer ». Jusqu’à devenir le deuxième gymnaste irlandais seulement à se qualifier pour des Jeux (et encore, le premier l’a été sur invitation en 1996).

A 6 déjà, il parlait à ses parents de disputer les JO. Deux ans plus tard, il se prend de passion pour la gym. Avant de vivre l’enfer et d’en revenir. Comment, il ne sait pas trop : « J’ai ça dans le sang je suppose ».

Ce qu’il sait par contre, c’est que les Jeux l’ont bouleversé. « En me levant ce matin, j’ai ressenti une émotion incontrôlable. En sortant des vestiaires, j’avais les jambes en coton ». Là, dans les gradins, sa famille, ses amis, sa copine, pour fêter ce jour extraordinaire. Kieron Behan finit 16e sur 23 en individuel au sol et ne se qualifie pas pour la finale. Il s’en doutait.

Ses Jeux n’ont pas duré une heure mais, il le répète plusieurs fois les yeux de plus en plus humides, « I did it ». Oui, il l’a fait, et l’exploit vaut tout l’or de Londres. Un truc pareil, ça se crie, se hurle sur tous les toits. Lui, héros héroïque, préfère lancer à voie basse : « Le combat n’est pas fini. Je vais encore faire mieux ».     

 

 

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