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Et un, et deux, et trois…Mayer (3/3)

Planet Olympique / Albert à Mexico, Sébastien à Barcelone et maintenant Joanne à Londres : les Mayer et le kayak alsacien, où l'histoire d'une saga familiale et d’une trilogie olympique. Troisième et dernier volet avec la fille…

« Quand on va aux Jeux, il faut faire attention, surtout si c'est la première fois. C'est traître, les JO. On peut se laisser emporter par ce qu'il y a autour ». De la bouche de Jackson Richardson, porte-drapeau à Athènes en 2004, le conseil s’avère avisé. A tel point qu’il semble droit adressé à Joanne Mayer. La Mulhousienne de 19 ans (elle les a eus en mars) sera l’une des benjamines de la délégation française à Londres.

Qualifiée pour deux centièmes de seconde, la fille de Sébastien et petite-fille d’Albert vivra outre-Manche sa première expérience olympique. Alors même que dans l’esprit du père-entraîneur, l’objectif était clairement Rio 2016. « Elle a gagné du temps », sourit-il.

 

« Ma force, la détermination »

 

« Je vais d’autant plus veiller à ce que les Jeux ne la changent pas ». On a connu pire sentinelle qu’un paternel sélectionné olympique en 1992. Voire qu’un grand-père « mexicain » en 1968. Mayer junior a de qui tenir et ça se sent. « Ma force à moi, c’est la détermination ». La tête sur les épaules, elle aborde les Jeux sereine comme un plan d’eau sans vent. Du moins en apparence. Grattez un peu et vous la trouverez drôlement angoissée. Calme en surface, nerveuse en profondeur. Une Joanne entre deux eaux, s’il fallait résumer. Explications…

 

 

A 7 ans, Joanne goûte à la gym. Puis au basket. Et enfin au kayak. La sensation de glisse prend vite le dessus sur la souffrance physique. « Le bonheur de pagayer », assène-t-elle. A 12 ans, son père devient entraîneur particulier : « Déjà toute petite, elle était hyper tonique. Depuis, elle n’a cessé de développer un excellent rapport poids-puissance ».

Sébastien Mayer, mentor et référent, la pousse dans ses retranchements. Pour mieux la sublimer quand elle baisse les bras. Résultat, les podiums arrivent mais avec eux l’obsession de ne pas décevoir le père. Du genre, « je suis heureuse quand il est heureux. A chaque course, il est un peu dans mes bras ». Aux Jeux sans doute encore plus que d’habitude…

 

Doublement inquiète

 

Là bas, au plan d’eau de Dorney Lake qu’elle avoue avoir repéré sur Google Maps, Joanne sera en deuxième position du K4 tricolore. Logique pour un poids plume (53kg). « Ses atouts, finesse et souplesse », juge papy Mayer. Derrière elle, les « gros bras ». Devant elle, l’ambition d’atteindre la finale olympique.

En attendant, ses yeux brillent comme des émeraudes à l’évocation de la tenue de l’équipe de France. « Avec les fameux anneaux dessus ! » Mais deux choses travaillent la Mulhousienne au visage encore poupin : une cohésion imparfaite entre les quatre filles du bateau et…ce satané bac à passer en septembre.

Depuis deux mois, la préparation pour Londres s’est accélérée. Il y a eu des épreuves de Coupe du Monde, les championnats d’Europe, des stages au Portugal et en Aquitaine. Joanne a visité Zagreb, découvert Poznan où son père lançait sa carrière internationale il y a deux décennies. Pas assez pour que le K4 féminin ne soit pleinement confiant.

« L’ambiance est bonne, mais mon ressenti sur l’eau moins. J’espère que l’union arrivera aux Jeux ». Le 6 août au matin, pour sortir des séries puis des demi-finales de la course en ligne, il faudra que le collectif se transcende. Côté effort individuel, la demoiselle sait qu’on l’attend plutôt au tournant en septembre. Pour la session de remplacement du bac.

 

« Je suis une petite grand-mère »

 

L’école, ce n’est pas sa tasse de thé, malgré une mère prof de sport. L’air sérieux et les sourcils froncés, elle se dit que « ça va passer ». Méthode Coué pour masquer la peur. Moins de l’échec que de décevoir les parents. Du coup, la préparation olympique a été parsemée de fiches de révision. « Allez aux Jeux, c’est bien beau. Mais il lui faut son bac et rester en contact avec les études ».

Mayer père ne lâchera rien. Pas de quoi rassurer Mayer fille. A terme, Joanne mise sur des études de kinésithérapie. Pour changer de sujet, on titille l’introspection. - Qualité première ? - Joyeuse. - Pire défaut ? - Ch…, quand je suis fatiguée. Pas facile de parler de soi à 19 ans.

On saura juste que la gourmande adore les fondants au chocolat, que le cinéma est sa petite sortie tranquille. « En fait, je suis une petite grand-mère ! » Eclat de rire juvénile.

Pour autant, la maturité est réelle. La lycéenne n’apparaît pas éberluée par la perspective olympique. Elle voit plus loin. « J’espère que ma qualification pourra aider à restructurer mon club de toujours ». Beaucoup plus loin, même : « J’aimerais que mes enfants ne fassent pas de kayak. Pour ne pas avoir à les suivre en hiver, sur un canal à moitié gelé ». De l’eau au moulin du père et du grand-père qui répètent que les jeunes n’ont plus la même foi que par le passé. Mais aussi, un énième contrepied pour cette stakhanoviste de la pagaie. Comment lui en vouloir ? Joanne Mayer est l’héritière d’un double passé olympique tout en ayant l’avenir devant elle. Forcément, le présent en sort chamboulé. Surtout quand il fait naviguer jusqu’à Londres.

 

 

Retrouvez ici le calendrier des épreuves olympiques de canoë-kayak, dont celle de Joanne Mayer

 

 

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