MUNICH - A gauche, une moto récemment achetée à la légende John Surtees. A droite, l’une des 1.383 M3 Coupé Sport Leichtbau jamais produites. En haut, un bolide peint en 28 minutes par Andy Warhol. En bas, un moteur de type IV qui a propulsé un biplan à 10.000m d’altitude…en 1919. Au milieu de ce condensé d’histoire BMW ? Une quinquagénaire alsacienne, comme à la parade.
“You need to be lucky”, répétait Albrecht Goertz, designer de renom (pour Canon, Mont-Blanc, Puma,…). Et architecte de la fameuse BMW 507. De loin la préférée de Martine Rapp : « J’ai passé beaucoup de temps avec Goertz. Oui, il faut avoir de la chance dans la vie ». La sienne n’en a pas manqué. En 1978, étudiante en langues, elle devient la première stagiaire française au siège de BMW à Munich. Son salaire, 165 Deutsche Marks par mois. Elle ne partira plus.
Finances, relations publiques, événementiel, archives, Rapp touche à tout. De l’organisation des anniversaires d’Eberhard von Kuenheim -ancien patron de BMW- au suivi du lent processus de l’indemnisation du travail forcé, elle la fille d’un incorporé de force. D’un ouvrage qu’elle réalise sur la série 7 au concours d’élégance de la Villa d’Este qu’elle a relancé. Et puis le musée, sa fierté, rouvert en 2008.
Interface entre la quarantaine d’employés et les visiteurs, 400.000 par an, la Bas-Rhinoise promène son veston rose sur l’asphalte poli qui zigzague jusqu’à la Formule 1 de Nelson Piquet. Elle adore l’opéra, respire BMW. Elle adore Strasbourg, glorifie la capitale bavaroise. Comme une autobiographie, elle déroule l’histoire de la marque à l’hélice. Comme une M6 lancée, bon courage pour l’arrêter.
Légende photo : Au coeur du musée BMW de Munich, Martine Rapp entre deux prototypes...en tissu
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