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De l'usine aux campagnes

SUR LA ROUTE DES 50 ANS / Au printemps 2012, l’usine PSA Peugeot Citroën de Mulhouse sera quinquagénaire. Planet Portraits a souhaité anticiper l’événement avec dix portraits de salariés. En fil rouge, vous retrouverez ainsi le parcours personnel et professionnel de celles et ceux qui font vivre le cinquième site industriel français.

Au montage comme en politique, à l'usine comme en municipalité, Alex Gasser se démène pour diffuser ses valeurs. Zoom sur ce salarié de PSA qui n'a pas fini de faire campagne...

 

 

Il y a eu la rencontre d’avant et celle d’après. Mi-avril, Alex Gasser enchaînait boulot et collage d’affiches. Mi-mai, Alex Gasser va toujours au boulot et s’apprête à recoller des affiches.

Sur la ligne de montage, toujours des caisses de Citroën C4 et DS4 à habiller. Sur les affiches par contre, Jean-Luc Reitzer remplace Nicolas Sarkozy. L'un des députés du Haut-Rhin à la place de l’ex-président.

 

“ La défaite fait partie de l'engagement ”

 

Hindlingen, 700 habitants, tranquille bourgade au Sud de Mulhouse.  Ici, Hollande n'a obtenu que 31% des suffrages, encore cinq points de moins que son score alsacien déjà faible. Ici, au 1er tour, le FN était arrivé en tête.

Au-dessus de la mairie, dans l’appartement qu’il loue à la commune, le jeune homme à la coupe en pétard réfléchit à sa déception du 6 mai. Et à ses conséquences les plus directes : « de retour au travail, je vais me faire charrier. Mais la défaite fait partie de l’engagement ». Sourire crispé. Le même qui, un mois plus tôt, traversait son visage à l’appel d’un collègue. Un problème d’approvisionnement en faisceau habitacle. Réglé en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire. 

« Je veux devenir le meilleur chef d’équipe qui soit ». La sentence pourrait résonner comme de l’ambition déplacée. Pas dans la bouche de Gasser. Pas quand on sait d’où il vient, de qui il tient, en quoi il croit.

 

Travail et UMP

 

Sans fioritures, ses parents lui ont inculqué la culture du travail. La mère opératrice dans une filature suisse, le père…à Peugeot montrent l’exemple. En dépit d’un bac pro en menuiserie, le fils suit la figure paternelle à l’usine.

Comme beaucoup, il entre dans le sillage du lancement de la 206. Ce best-seller, le néo-embauché finit par en connaître la mécanique par cœur. « J’ai progressé petit à petit, dans l’adversité ». Toujours cette notion de challenge. Qu’il fût dans l’industrie automobile ou pas, d’ailleurs.

 

“ Pas de cohabitation”

 

« J’aime les gens et les défis. Si je fabriquais des fers à repasser, ce serait pareil ». Sourire détendu. Le même qui, paradoxalement, conclura son bilan d’après-6 mai. Car Alex Gasser est convaincu d'avoir fait de son mieux durant la campagne. Et ravi d'avoir vécu des moments qu'il dit exaltants, du Sundgau au Trocadéro, de la Concorde au Zénith de Strasbourg.

UMPiste depuis février, déjà obéissant comme un brave soldat, il est prêt à remettre le couvert pour les législatives. Même s’il renâcle en évoquant les positions de son député pourtant du même camp. Même si, politiquement lucide, il souhaite de la réussite à François Hollande et reconnaît « qu'il ne faudrait pas de cohabitation ».

 

Non à la sanction

 

A causer de son engagement, on devine qu'il ne restera pas longtemps colleur d'affiches. Même si, politiquement correct, il maîtrise déjà l'art de la périphrase : « je ne m'interdis rien ». On sourit en pensant à Arnaud Montebourg, futur probable ministre, et à son « je ne suis candidat à rien ».

Gasser aime la politique depuis le collège. Les joutes verbales, le sentiment de pouvoir influer, autant d'éléments qui le transcendent. Depuis 2008, il siège au conseil municipal de son village natal. Tiens, comme l'a été son père, alors l'un des plus jeunes conseillers municipaux de France.

Cette reproduction évidente, le fils la revendique autant que son attachement à la notion de droits et devoirs. Un attachement à certaines valeurs qui ne le quitte pas en bleu de travail.

 

Le chef d'équipe désigne du doigt la chaîne de montage quand il parle de justice, de responsabilité, de convictions. « Non à la sanction, oui à l'accompagnement ». L'œil bleu miroir, l'allure musclée, il vante l'intérêt commun en politique comme au travail. Et sa langue fourche, à dire abstention au lieu d'absentéisme. Tout un symbole.

Fier de son évolution professionnelle, il sait pourtant que toutes ses ambitions ne seront pas compatibles. Comme il le répète à l'envie, PSA nourrit son homme et lui permet d'évoluer. Mais la politique, « c'est ma vie ». D'ici l'heure du choix, Alex Gasser va continuer d'apprendre, entre usine, mairie rurale et politikos. Entre mi-avril et mi-mai, sûr qu'il a grandi en accéléré. Mais sûr aussi qu'il n'a pas changé de cap malgré l'issue de la présidentielle : « ça me motive encore plus »...

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