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Le titi parisien de Peugeot Mulhouse

SUR LA ROUTE DES 50 ANS / Au printemps 2012, l’usine PSA Peugeot Citroën de Mulhouse sera quinquagénaire. Planet Portraits a souhaité anticiper l’événement avec dix portraits de salariés. En fil rouge, vous retrouverez ainsi le parcours personnel et professionnel de celles et ceux qui font vivre le cinquième site industriel français.

Il est entré comme simple opérateur. Vingt ans plus tard, il est cadre en bout d'usine. Le secret de Laurent Laffont ? L'amour de la marque autant qu'un charisme débordant.

 

“ Tout le monde vous le dira. Dans l'industrie automobile, le bout d'usine est un monde à part. Une famille dans la famille certes, mais aussi un rassemblement de fortes têtes. ”

 

L'explication tient plus ou moins dans la spécificité des lieux : les véhicules y arrivent montés, roulants et fonctionnels ; contrôles et retouches ultimes demandent des savoir-faire de spécialistes.

En bonne usine terminale, le site de Mulhouse n'échappe pas à ce constat. Ici, le quotidien s'écoule dans un ballet de C4, DS4 et 206+ rutilantes.

Ici, 1.160 voitures par jour sont auscultées et d'aventure corrigées. Au milieu d'elles, au milieu des retoucheurs, mécaniciens et autres peintres, un « titi parisien ».

 

Du 9-3 au 68

 

Oui, le responsable de groupe retouches en sortie de lignes est un gosse de Paris. Ni vraiment gamin -il a 43 ans-, ni franchement Gavroche, ni réellement issu de la classe populaire -un père assureur-, Laurent Laffont s'autodésigne ainsi.

Mais avec son sens de la répartie, sa prestance naturelle, ses années de boxe chinoise, qui lui donnerait tort ? « Ma jeunesse, c'est Noisy-le-Grand ». Comprenez, la banlieue, le 9-3.

De sa propre famille, il parle difficilement. Il ne garde surtout plus aucun lien. Ses parents divorcent alors qu'il n'a que 6 ans, ses grands-parents l'élèvent.

Des familles, le temps et son parcours lui en offrent deux autres. Une belle-famille, d'abord, alors qu'il rencontre sa future épouse en vacances.

« Elle est alsacienne, ses parents travaillaient à l'usine Peugeot ». C’est sur leur lieu de travail que Laffont débarque en octobre 1990. Le banlieusard bascule à 21 ans dans la vie provinciale.

« Pour rien au monde je ne retournerai habiter en région parisienne. La tranquillité, ça se vit », assure le citoyen d’un petit village non loin du Rhin.

 

La piste aux défis

 

Côté professionnel, ce sera donc le centre de production mulhousien, et pas celui d'Aulnay-sous-Bois. Bien lui en prend, et pas uniquement à la lueur de l'avenir incertain du site de Seine-Saint-Denis.

Après une expérience dans un garage, son brevet de technicien l’envoie en métrologie chez PSA. S'en suivra une surprenante ascension, « un parcours un peu rock'n'roll ».

Motoriste, lien avec les bureaux d'études, responsable d'unité puis de groupe, Laurent Laffont personnifie l'évolution en interne.

Sa première touche de management, à gérer une équipe de « pistards » (Ndlr, les testeurs de voitures sur piste), est un défi croustillant : « à l'époque, j'avais 30 ans et ils étaient les rois de l'usine. Leur métier représentait le Graal pour beaucoup de salariés ».

 

Trois mots pour tuer

 

Son credo de meneur d'hommes est simple : respecter pour être respecté. Cohérent, « mais en gentil papa », il assure éduquer ses deux filles suivant le même précepte.

Au travail, ça lui réussit bien. Ses supérieurs repèrent son charisme au-dessus de la moyenne et le voilà envoyé en bout d'usine. Une récompense, mais surtout un défi de plus, dans ce secteur qui se doit de rattraper les éventuelles imperfections du flux de fabrication.

« Nous fonctionnons comme une concession, avec pour chaque domaine des spécialistes de leur métier, donc des gens difficiles à manager ».

Laffont voit comme un atout de ne pas parler avec des mots incompréhensibles. La force du titi parisien, en somme.

En l'observant on le devine sans souci : il n'a même pas forcément besoin de parler, car « tu peux tuer un mec avec trois mots ».

 

Cadre affectif

 

Auprès de ses troupes, l'affectif et le comportemental priment. Une façon de transférer sur son managériat les manques d’une enfance compliquée ? Sans doute.

Un moyen de transmettre son amour de la marque et du boulot bien fait ? Sans l’ombre d’un doute.  Passé cadre il y a deux ans, il savoure au jour le jour.

La clause de mobilité inhérente au statut conforte dans cette logique ; un autre poste, ailleurs dans l’usine mulhousienne, est déjà à l’horizon.

En attendant, comme un vieux briscard, le natif de Blanc-Mesnil se plaît à rappeler son expatriation d’une année à Trnava (Slovaquie) pour le double lancement de l’usine PSA et de la Peugeot 207.

 

PSA-GM, cohérent

 

Au détour de la conversation, comme un gosse qui avouerait une bêtise, il anticipe sa seule infidélité à la marque au lion : « je rêve d’acheter une vieille voiture américaine, type « pony car ». Ce sera une Chevrolet Chevelle ».

Sourire détendu. La déloyauté restera toute relative. La Chevelle a été l’un des plus grands succès de…General Motors, au destin désormais uni à celui de PSA Peugeot-Citroën.

Une alliance qui inquiète au moins autant qu’elle ne réjouit ; qu’en penser ? « Vu de ma fenêtre, le choix semble cohérent. Il n’y a pas à avoir peur pour [l’avenir de] Mulhouse ».

Certitude aussi de notre côté : vu de la fenêtre de Laurent Laffont, la vie n’a pas fini de défiler à toute allure.

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