NEWS
PDF
Imprimer
A- A+
Partager cet article sur Twitter Partager cet article sur Facebook Partager cet article sur LinkedIn

Double A et triple alliance

SUR LA ROUTE DES 50 ANS / Au printemps 2012, l’usine PSA Peugeot Citroën de Mulhouse sera quinquagénaire. Planet Portraits a souhaité anticiper l’événement avec dix portraits de salariés. En fil rouge, vous retrouverez ainsi le parcours personnel et professionnel de celles et ceux qui font vivre le cinquième site industriel français.


Esprit de famille et esprit d'entreprise. Deux valeurs qui sont l'histoire de Peugeot. Deux valeurs qui se conjuguent au présent de l'usine de Mulhouse : la preuve dans les pas d'Annabelle, Arnaud et Alain Anselin.

Scoop : le triple A, c'est de l’histoire ancienne. Et on s'en fiche. On a bien mieux que ça : un cas de « triple double A ». Le meilleur dans tout ça ? Ces AA-là sont garantis. Pas de dégradation possible, plus sûrs qu’une paire d’as.

Chut. N'allez pas dire qu’il ne s’agit que d’initiales, vous pourriez le regretter. Avec Alain Anselin, on ne badine pas. Force tranquille, oeil perçant, on capte vite l'autorité naturelle du patriarche.

 

A ses côtés, deux de ses enfants (le troisième est pompier pro) : Arnaud et Annabelle, 37 et 33 ans. Tous deux au centre de production depuis la fin de leurs études. Tous deux tombés dans la marmite « Peugeot » dès le plus jeune âge.

« J'étais aux pompiers de Paris. Je suis parti chercher du travail dans le civil à Mulhouse », explique Anselin père, natif du Nord et fan du RC Lens. « Ma Simca 1000 n'a pas supporté le trajet ».

 

1979, l'usine Peugeot compte 21.000 ouvriers et recrute un corps complet de pompiers. Logés par l'employeur, s'il vous plaît. Un lotissement entier, -les Alouettes- leur est dédié dans un village avoisinant.

Le clan Anselin a trouvé son point de chute. Au son des sirènes, au rythme des « inter' », la vie de pompier d'usine est à part. « Le plus dur ? Apprendre le site, connaître chaque vanne, chaque parcelle de toiture, chaque risque selon l'endroit ».

 

Fuite de solvants, électrocution, vérification des extincteurs, Alain Anselin en causerait des heures. Il y a le pittoresque, comme « ce doigt coupé qu'ils nous a fallu chercher en mécanique...dans une cuve ».

Et il y a l'émotion, à l'évocation des accidents mortels. Dont celui d'un collègue pompier. Annabelle et Arnaud opinent du chef. Ils se rappellent d'un moment difficile pour l'ensemble du quartier.

 

Les routes se croisent

 

Les souvenirs du père sont ceux des enfants. Surtout quand ils, les enfants, choisissent de porter aussi la blouse PSA. C'est d'abord Arnaud qui se lance, embauché sur la vague du lancement de la 206.

Technicien planning puis approvisionnement, il se tourne vers le management. « Les hommes ne sont pas des machines », glisse l'apiculteur en herbe et actuel responsable d'unité (RU).

 

A côté, sa soeur sourit. Le joli minois dissimule à peine une détermination sans faille. L'intéressé est du genre à chercher les défis : seule fille en section technologique au lycée, première RU féminine  de l'histoire du ferrage, même pas peur !

« Mes souvenirs ? Cinq heures de panne le premier jour » Annabelle ne reste pas longtemps à la production ; direction le service environnement. Gestion des déchets, renforcement du tri, contrôle des rejets, itinéraires cyclables, les missions sont variées.

 

Un sanglier en forge

 

En ligne de mire, la prévention. Quel impact pour quelle installation, quel risque pour quel potentiel incident ? « La démarche a encore du mal à prendre », avoue celle qui, hors de l'usine, est professeur de danse.

D'une pirouette, elle se tourne vers son père, gilet jaune sur veste de travail :

-         « tous les deux, on est un peu des empêcheurs de tourner en rond.

-         Pas autant que ce sanglier égaré après qui, nous pompiers, avions couru dans toute la forge...»

 

Reconverti à la fin des années 90, Alain Anselin est aujourd'hui un « préventeur », à l'interface entre conditions de travail et sécurité des biens. Une soudeuse se dévisse dans l'usine PSA de Vigo, il le sait dans la journée et contrôle les installations mulhousiennes.

Rien ne lui échappe. Les failles doivent être anticipées, les cas extrêmes imaginés. Sa devise ? « Je viens au boulot pour gagner ma vie. Pas pour la perdre ». Ou, plus politiquement correct, le « zéro accident ».

 

Actuellement, l'usine de ferrage est en chantier : 560 robots à positionner, 500 intervenants extérieurs. Le préventeur a l'oeil. Le père Anselin est connu comme le loup blanc aux quatre coins du centre de production.

Le trio familial s'échange des regards entendus. Chacun sait d'où il vient et ce qu'il veut. Chacun sait surtout pouvoir être compris des deux autres. Un gage d'équilibre, d'ambition et de réussite.

Bref, un solide  triptyque de « AA » grâce auquel l'usine mulhousienne espère voir venir...

 

 

Texte et photos © Planet Portraits, toute reproduction sans mention du site planetportraits.fr est interdite.

Commentaires

Ajouter un commentaire

Vous devez vous connecter pour ajouter un commentaire.

 

 

 

 

Afficher les articles par tag

Lunettes solaires, Visiofactory.com, l'Optique à prix d'usine !
Soutenez Planet Portraits sur J'aime l'info

Page

Votre compte

Liens