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En voiture pour une carrière

SUR LA ROUTE DES 50 ANS / Au printemps 2012, l’usine PSA Peugeot Citroën de Mulhouse sera quinquagénaire. Planet Portraits a souhaité anticiper l’événement avec dix portraits de salariés. En fil rouge, vous retrouverez ainsi le parcours personnel et professionnel de celles et ceux qui font vivre le cinquième site industriel français.


Il a mis le temps mais est aujourd’hui l’archétype de l’étudiant qui a trouvé sa voie. Maxime Kohler, apprenti dans l’usine de fonderie, où l’art de s’ouvrir des horizons par une filière professionnalisante...


« Ce que je veux savoir avant tout, ce n'est pas si vous avez échoué, mais si vous avez su accepter votre échec ». Si Peugeot Mulhouse a 50 ans, cette phrase est trois plus âgée.

Si à Peugeot Mulhouse, l’aventure continue -c’est le slogan officiel (et diablement original !) de l’année du cinquantenaire du site-, la maxime d'Abraham Lincoln conserve aussi toute son actualité. N’est-ce pas Maxime ?

 

Derrière ses lunettes de protection et une barbe rousse savamment taillée en collier, le jeune homme en sait plus qu’il n’y paraît sur les vertus de l’échec. Son parcours est même un cas d’école.

Parlons-en, de l’école et d’un système scolaire où il a traîné ses guêtres plus que de raison. Cinq ans au lycée, à s’obstiner, « à faire des erreurs, des bêtises », pour finalement louper son bac S.

 

Nouveau cap

 

Études de médecine envolées. Gâchis, désillusion et couperet à la maison. « Soit tu fais quelque chose de sérieux, soit tu pars ». La sentence des parents fait office de coup de semonce. Et produit l’effet escompté.

Le paternel, mineur retraité des Mines de Potasse d’Alsace, sait ce que travailler dur et mériter son dû signifient. Le fils change d’attitude et de cap. Fini le général, place au terrain.

 

Réorientation, tests d’entrée sur le site PSA, et le lycéen en souffrance part à l’assaut d’un certificat d’aptitude professionnelle. « Un cousin avait fait son apprentissage ici à l’usine, le choix s’est vite imposé ».

Il passe deux ans à écumer les lignes de montage de la 206 et des moteurs, en alternance avec les bancs du centre de formation d’apprentis de l’industrie à Colmar. Pas ravi, mais plus mature, Maxime Kohler va au bout et valide son CAP.

 

Forge XXL

 

Manuel et bricoleur, il persévère. Direction le bac pro et une équipe d’intervention préventive en forge. A l’entendre narrer son quotidien d’alors, l’expérience l’a marqué.

Il faut dire que l’univers de l’unique forge du groupe est spécial, hors normes même. Au royaume de la démesure et de la presse 5000 tonnes, les réparations se font avec une clé Allen de taille 50 !

 

Monter et démonter les machines, les compétences requises flirtent constamment entre l’électrique et le mécanique. « J’ai beaucoup appris, même si je finissais mes journées épuisé ». Sous-entendu, pas comme à l’école…

De la bonne fatigue, visiblement, puisque Maxime en redemande. Satisfait de son statut d’apprenti, de la rémunération qui va avec, il s’engage il y a un an dans un BTS d’assistant technique d’ingénieur.

 

Après le montage et la forge, place à la fonderie. Son maître d’apprentissage est responsable d’unité du secteur fusion. Le manuel est remplacé par de la gestion d’équipe, les clés par un ordinateur.

« La journée entière devant mon écran, ça ne m’emballe pas trop ». Le terrain lui manque, heureusement compensé par la fierté de collaborer au progrès de la fonderie sous pression.

 

Jusqu’au bout ?

 

« Ma mission est de suivre l’évolution de la densité de l’aluminium liquide, de son entrée à l’usine jusqu’à son arrivée au moulage ». Prélèvements, analyses, l’optique industrielle est claire : permettre des gains de temps pour produire davantage de carters. Du concret, donc.

Après six ans sur site, parmi les 173 apprentis des lieux, Maxime Kohler se sent comme un salarié. Tellement qu’il constate chaque jour le fossé qui sépare la réalité de l’usine de l’enseignement qu’il reçoit.

 

A 25 ans, on tombe pourtant sur un technicien supérieur en pleine interrogation. Que faire après le BTS ? Le cœur encourage à rester au centre de production mulhousien.

Sauf qu’un poste de monteur dans une (autre) grande boîte de la région le titille. Sauf que son entourage lui conseille vivement de poursuivre les études en école d’ingénieurs.

 

« Trois ans de plus, la décision est délicate ». Facile à comprendre. Encore au domicile des parents, « mais libre comme l’air », glisse-t-il, parrain de sa nièce, les hypothèses à court terme partent dans des sens diamétralement opposées.

Et si les mots de ce cher Lincoln ne revenaient à la charge ? Interprétation : et si accepter ses échecs incitaient à aller au bout de ses réussites ?

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