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L’auto en double face

SUR LA ROUTE DES 50 ANS / Au printemps 2012, l’usine PSA Peugeot Citroën de Mulhouse sera quinquagénaire. Planet Portraits a souhaité anticiper l’événement avec dix portraits de salariés. En fil rouge, vous retrouverez ainsi le parcours personnel et professionnel de celles et ceux qui font vivre le cinquième site industriel français.

 

D’un côté, l’usine d’emboutissage et le centre de production de Mulhouse, où il s’épanouit depuis 32 ans. De l’autre, le virus de la course qui l’a conduit sur les circuits hier au cœur de l’organisation du Rallye de France. Jean-Luc Boeglen, deux visages, une passion pour l’automobile…

 

Il s’arrête un instant de parler, mime de retirer un couvre-chef et de le présenter devant lui. Le message est clair. « Chapeau bas ». Le destinataire aussi. « Celui qui va glaner en fin d'année son huitième titre de champion du monde ».

Aucun doute pour Jean-Luc Boeglen, Sébastien Loeb est de la classe des intouchables. De ceux dont on parle presque plus facilement que de soi.

 

En route pour Spa

 

La modestie, voilà une qualité commune au septuple champion du monde et à son admirateur. Interroger le sur sa vie, et il vous causera de celles des autres.

De ces mécaniciens, par exemple, qui l’ont accompagné une année durant pour une compétition entre des équipages des différents sites Peugeot. Pourtant, le pilote Boeglen aurait de quoi se vanter.

 

Sélectionné parmi 600 candidats, il a écumé au volant d’une 106 certains des plus beaux circuits, du Mans au Castellet, de Magny-Cours à Spa-Francorchamps. Ses yeux pétillent : « Spa, oui, c’est le summum. Sur une portion du circuit, il pleuvait. Sur une autre, il faisait sec » (voir tour en 3D en fin d'article).

 

La vitesse, passionnément

 

Avant ce championnat d’endurance, il n’avait jamais piloté. Tout juste une mobylette pour arpenter la vallée vosgienne où il est né et a toujours vécu. Casanier et fidèle, la passion ne le quittera plus.

La trentaine passée, il s’achète une Citroën AX et s'adonne aux courses de côte. Lors d'un rallye régional, il se fait devancer, « pas de beaucoup », par un jeune Alsacien aux dents longues et à la conduite acérée. C'est déjà Mr Loeb, qui d’autres, duquel son copilote disait : « soit c’est un malade, soit il est super doué ».

 

Leurs routes vont encore se croiser. Boeglen abandonne la compétition, « trop chère dans une structure privée ». Il choisit de s’investir dans une association, Pole Position, pour organiser de petites courses.

Jusqu’à l’année dernière, quand le WRC débarque en Alsace et sollicite Pole Position pour gérer une spéciale, celle du Grand Ballon. Sécurité, délimitation des zones, accueil du public, les préparatifs doivent être sans faille. Surtout quand le tracé traverse des espacés protégés et classés Natura 2000.

 

Mécano de qualité

 

L’essai de 2010, concluant, est transformé en 2011. Boeglen et son équipe s'adaptent aux exigences de la fédération. Les 25 km de spéciale en montagne sont une partie de plaisir.

Déception, le héros alsacien manque à l’appel, la faute à une pression d’huile récalcitrante. « Le titre sera pour lui tout de même », assure Boeglen, rôdé aux aléas de la mécanique. L’optimisme est chez lui une seconde nature.

 

Son parcours professionnel l’a formé naturellement aux défis de la nouveauté. Mère au foyer, père petit commerçant, il suit un cousin parti travailler chez Peugeot. Six mois en mécanique puis six ans sur une chaîne d’assemblage de portes, cariste puis conducteur d’installation, il évolue et se pose à l’emboutissage.

A 49 ans, diplômé d’un unique CAP, il y est désormais responsable en qualité, à contrôler des pièces qui partent pour moitié vers d’autres sites du groupe PSA.

 

Simple et heureux

 

A l’usage, il s’est révélé meneur d’hommes et « personne ressource ». Comprenez, sur qui la direction sait pouvoir compter. Avec son look à la Tintin, il évoque les différents lancements du site mulhousien comme des étapes personnelles.

La 205 d’abord, qui a sauvé le centre, la 206 ensuite, puis la C4, dont il contribue à transformer un exemplaire en voiture de course. « Une belle réalisation, avec trois baquets », répète-t-il. Franc sourire quand on lui fait remarquer que, tout pilote qu’il est, il vient chaque jour à l’usine en bus.

 

Papa -pour la première fois- dans quelques semaines, il laisse aux autres le soin de lui trouver qualités et défauts. Une heure suffit pour cibler le personnage, investi et dévoué, simple et altruiste.

« Une devise au travail ? », s’enquiert-on. Absolument : «Même dans le négatif, il y a toujours du positif. Il faut juste le chercher ». On en oublierait presque les contraintes du quotidien industriel. La faute à ce Jean-Luc Boeglen heureux d’être qui il est. Simplement heureux.

 

 

 

 

 

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