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La preuve par soixante

Pour un couple, on parle de noces de diamant. Pour un prêtre, soixante ans d’engagement s’évoquent et se fêtent par un jubilé du même minéral. L’événement n’est pas des plus courants et l’abbé Raymond Heinimann en a joyeusement conscience. A 87 ans, cet Alsacien défenseur de l’œcuménisme surprend par son dynamisme et son ouverture d’esprit. Pour Planet Portraits, il a choisi de revenir sur six morceaux de vie…

La deuxième Guerre Mondiale : « il y a eu l’évacuation de 1940 dans les Landes, où j’ai fait ma classe de troisième. Puis le Reichsarbeitdienst, la Finlande… » (Il n’en dit pas plus).

 

15 juillet 1950 : « ce fut la grande année de l’ordination à Strasbourg ! Nous étions 110 à entrer au grand séminaire en octobre 1945, tous marqués d’une manière ou d’une autre par l’expérience de la guerre. Cinq années d’études théologiques plus tard, 78 d’entre nous ont été ordonnés. Ma devise d’ordination était tirée de la deuxième épître aux Corinthiens : « ce n’est pas que nous prétendons régir votre foi, nous voulons seulement contribuer à votre joie ». Il y a eu tellement d’ordonnés cette année-là qu’il n’y avait pas assez de postes à pourvoir pour tout le monde. J’en ai profité pour continuer mes études, validant une licence d’allemand ».

 

1962 : « en prêchant un jour au Mont Sainte-Odile, j’ai fait la connaissance d’une Berlinoise dont les parents étaient d’origine alsacienne. Elle m’a convaincu de venir visiter sa ville. Un an après l’érection du Mur, j’ai ainsi pris l’avion de Francfort pour rejoindre Berlin via le Luftcorridor. J’y ai passé une semaine côté Ouest. L’activité immobilière de la ville m’a marqué. De même que deux église nouvellement érigées côte-à-côte, l’une catholique, l’autre protestante, mais si ressemblantes qu’on aurait pu les inter-changer ».

 

Mai 1968 : « j’étais enseignant d’allemand au séminaire de jeunes de Walbourg depuis 12 ans. Il y a eu des réunions, des suggestions, mais rien de bien méchant ! Nous n’avions aucune raison d’avoir peur des élèves. Par contre, mai 68 nous a servi en attirant notre attention sur l’importance des activités parascolaires, type sport et voyages d’étude ».

 

Juin 1985 : « au jour de ma retraite de l’Education Nationale, je suis retourné dans le Haut-Rhin, dans l’idée de donner un coup de main au curé de ma commune natale, Hégenheim. Mais le prêtre en place n’en avait pas besoin et je me suis tourné vers le village voisin de Buschwiller, où le curé se trouvait souffrant. C’est devenu ma paroisse de cœur et d’adoption ».

 

22 août 2010 : « c’est la date retenue pour fêter mes soixante années de prêtrise. Je célèbrerai une messe en l’église de Buschwiller autour de mes amis et de ceux qui voudront bien se donner la peine de venir. Six décennies plus tard, j’ai plus que jamais plaisir à faire plaisir, à donner de la joie aux fidèles, à essayer, le plus modestement du monde, d’humaniser et non de sacraliser. En latin, en allemand, en français ou en alsacien, l’important est de détendre et non de crisper celle et ceux qui viennent encore à l’église ».

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