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De la torture aux World Series

Un mot a été usé et usé pour décrire le quotidien d’un supporter contemporain des San Francisco Giants : torture. Aujourd'hui, l'équipe de la baie est pourtant à nouveau à l'honneur en cette fin de saison 2010. La voilà qualifiée pour la grande finale du baseball américain, la fameuse "Série mondiale"... Avec notre correspondante sur place Kelsey Thorsen

Durant l’ère aujourd’hui révolue de Barry Bonds, l’équipe se délecte pourtant des succès et de la gloire. Avec une apparition aux World Series en 2002, voilà la période rêvée pour devenir fan, à grands renforts de records balistiques établis par le batteur vedette. Mais à partir de 2004, l’équipe construite autour d’un Bonds qui accuse son âge commence à se disloquer. Arrive 2006, et l’immense scandale des performances aux stéroïdes : le vivier de supporters des Giants en ressort honteusement trahi.

 

Les défaites succèdent aux désillusions. Au printemps dernier, l’effectif est radicalement bouleversé, tant défensivement qu’offensivement. La saison débute pourtant dans une atmosphère d’intense scepticisme dans la baie de San Francisco. Tous ces nouveaux venus, débutants ou vétérans, parviendront-ils à jouer ensemble et surtout à former, enfin, une « bande de gagneurs » ?

 

Alors que la saison 2010 est sur le point de s’achever, il semblerait que les prières des fans des Giants aient porté leurs fruits. Il a fallu du temps et des rencontres pour que l’alchimie se fasse. Mais le championnat américain le permet, avec ses improbables 162 rencontres de saison régulière. Certes imparfait, le collectif des Giants a redonné envie aux foules de croire en lui. Et le baseball à San Francisco a recommencé à gagner. Emmené par le bras magique du lanceur chevelu Tim Lincecum, l’équipe de la baie a remis une notion au goût du jour : l’espoir.

 

Mais pour ne pas déroger aux traditions, cette année encore a été placée sous le signe de la torture. Des profondeurs au sommet du classement de la Liguee Nationale, il n’y eût souvent que quelques lancers. Des rencontres a priori faciles ont souvent sombré en de bien vilaines défaites, à en déchirer le cœur du plus vaillant fanatique. Tout perdre lors de la dernière manche est presque devenu une marque de fabrique des Giants. Au point même que l’immuable vedette Lincecum y est allé de son énorme passage à vide en août. Malgré cela, les Giants sont restés soudés. L’excellent débutant Buster Posey a joué un rôle inattendu. Et septembre a pu être…le mois le plus torturé de tous !

 

La fin de saison approchant, les Giants ont entamé une danse cauchemardesque avec les Padres de San Diego pour la première place de la division. Délire et désespoir, un zigzag haletant… Comme si c’était écrit, tout s’est joué lors du 162ème et dernier match du marathon. Une victoire et les Giants filaient pour la première fois depuis 2003 en playoff. Et le miracle eût lieu ! Les célébrations se noyèrent dans le champagne. Les Giants ont depuis toujours un leitmotive : « chaque fan compte ». Cette qualification honorifique en playoff a été l’occasion rêvée de remercier tous les supporters pour leur attachement indéfectible.

 

Toute une ville attendait cela : un mois d’octobre en « orange et noir ». La preuve, la joie s’est emparée de tout la cité, bien au-delà du … Il n’est ainsi pas rare de croiser dans les rues un fou furieux des Giants portant un chapeau en forme de panda, hommage au joueur Pablo « Kung-Fu Panda » Sandoval. Ou encore des allées entières décorées par les maillots de Lincecum et Wilson (Brian Wilson, le lanceur-finisseur vedette). Bref, SF vit et respire baseball, l’équipe ayant re-soudé la population autour d’elle.

 

Cet esprit a même fait tâche d’huile lors du premier tour de playoff (l’équivalent des quarts-de-finale) face aux Braves d’Atlanta. Disposant de l’avantage du terrain, et du meilleur bilan de la saison à domicile, toutes franchises confondues, l’équipe de Géorgie partait favorite. Pourtant, le premier match donne le ton avec une courte victoire des Giants grâce à un numéro sensationnel de Tim Lincecum. Le tout devant la plus grande affluence jamais rassemblée dans le stade en onze ans d’existence. Le lendemain, les Braves égalisent après une rencontre menée de main de maître…par les Giants. Mais, revenue à Atlanta, la série finit par basculer en faveur des hommes de SF, chaque fois par le plus petit des écarts possibles. Plus encore que la semaine précédente, l’exaltation envahit la ville.

 

Cette même ville de San Francisco est désormais aux prises avec un rêve encore plus fou : peuvent-ils aller au bout ? Peuvent-ils, en finale de Ligue Nationale, résister à l’une des plus impressionnantes équipes de ces dernières années, les Phillies de Philadelphie ? Difficile d’imaginer l’escouade de lanceurs de San Francisco parvenir à maintenir silencieux les formidables frappeurs de Philly (champions en 2008, finalistes en 2009). Même si le scénario semble improbable, si toutes les côtes des parieurs sont défavorables aux Giants, le frisson de s’approche encore un peu plus de l’un des plus grands honneurs du sport américain -le titre des Worlds Series- est enivrant. Et incroyable mais vrai, l’ouverture de la série face aux ogres de Pennsylvanie a donné raison aux fanas des Giants. Le Phénomène Lincecum (surnommé « the Freak ») a dominé le lanceur adverse Roy Halladay, pourtant auteur de précédentes prestations hors normes. Et les Giants de s’imposer contre toute attente 4-3, portés par les coups de boutoir de leur batteur-star Cody Ross.

 

Direction les World Series !

 

Mieux, beaucoup mieux, les Giants vont mener durant toute la série et finir par s'imposer en six rencontres (4-2). A la surprise générale, les "boys" de SF ont maté l'escouade des Phillies taillée pour le titre. Les voilà désormais à une marche du Graal suprême : la victoire dans les fameuses World Series. Cette finale des finales, événement sportif et médiatique considérable aux Etats-Unis, les Giants n'y avait plus été depuis 2002. Pire, l'équipe de la baie n'a plus remporté la Série Mondiale depuis...1954 (leur unique victoire), soit la troisième plus longue "abstinence" en Ligue professionnelle. Et encore, les Giants ne jouaient alors même pas à San Francisco, mais à New York. Qu’on se le dise, the San Francisco Giants are back, and they don’t seem to be taking no for an answer. Début des hostilités sur le monticule de l'AT&T Park de San Francisco mercredi face aux Rangers du Texas, autre invité surprise qui a défait les Yankees de New York au tour précédent...

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